Portrait Du goût et du talent avec Chef Elise Andriatsalama

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35 ans au service de l’hôtel Carlton, elle fait partie des plus grands chefs de cuisine de Madagascar. Elle a ravi les palais fins gourmets d’horizons internationaux divers avec les plats qu’elle concocte. L’amour pour le métier complète le talent.

Vêtue d’une blouse blanche et portant la toque, Chef Elise ressemble, à première vue, à ces chefs cuisiniers stricts, à l’air bourru, que les films à la télévision véhiculent souvent.

Et pourtant, c’est un femme décontractée, sympathique, qui adore rire. Sa mine réjouie ne trahit d’ailleurs pas son âge, 54 printemps.

A un an de la retraite, Chef Elise a passé la plus grande partie de sa vie parmi les casseroles des cuisines de l’hôtel Hilton, devenu hôtel Carlton.

« J’ai commencé mon apprentissage, ici en 1976. Ensuite, j’ai suivi des stages de formation dans les cuisines de la chaîne Hilton, à Paris et en Suisse en particulier », évoque la dame cordon-bleu.

« Comme le chef changeait tous les deux ans avant 2000, j’ai pu apprendre les différentes cuisines du monde. Et jusqu’à présent, je continue dans cette voie, étant donné la diversité des gens fréquentant l’hôtel Carlton », ajoute-t-elle.

Mais avant d’intégrer l’hôtel de cette chaîne internationale, Chef Elise a suivi des cours de cuisine à l’école.

« J’ai fréquenté un collège professionnel. Je me suis d’abord orientée vers l’habillement, mais ça ne m’a pas beaucoup plu. C’est pourquoi je me suis convertie à l’art culinaire », poursuit-elle en riant.

Chef Elise considère son lieu de travail comme son second foyer. « En fait, je n’ai jamais songé exercer sous une autre enseigne », précise la cuisinière chevronnée.

C’est en grande partie grâce à sa fidélité, et bien sûr à ses compétences, qu’elle est devenue le chef exécutif de l’hôtel Carlton depuis 2000.

Son secret ? « L’amour du travail est essentiel dans l’art culinaire. Si on n’est pas passionnée, il vaut mieux choisir un autre métier », conseille-t-elle.

La fonction de chef cuisinier exige, effet, une très grande disponibilité. Pratiquement, elle est aux fourneaux de 9 h à 16 h. Toutefois, cela ne l’empêche pas d’avoir une vie privée et familiale.

« A chacun de bien planifier sa journée. Mais il ne faut jamais mélanger vie personnelle et vie professionnelle », prévient-elle.

Ainsi si, à l’hôtel Carlton elle est le grand chef cuisinier Elise, à la maison elle occupe le rôle de maman de trois enfants.

De l’endurance

Son travail nécessite également de l’endurance physique et morale. « Pour être chef, il faut être dur comme les hommes », précise-t-elle. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les grands hôtels optent plutôt pour des stagiaires masculins que féminins.

Néanmoins, Chef Elise constate que le nombre de filles qui veulent embrasser les métiers de la cuisine est de plus en plus important.

« C’est peut-être dû à la multiplication des instituts spécialisés ». Mais quantité ne signifie pas souvent qualité.

« Les jeunes diplômés ont parfois tendance à imaginer qu’après deux années d’études, ils peuvent devenir des grands chefs. Cette idée, erronée, est peut-être liée à ce qu’on leur a appris dans leurs instituts », suppute Chef Elise.

D’après ses explications, les années passées dans une école d’art culinaire constitue juste un plus, le véritable apprentissage se passe dans la cuisine, autrement dit, rien ne vaut la pratique.

Elle précise cependant que les sortants de certains instituts sont tout de même très efficaces et habiles. Elle ne se fait donc pas trop de soucis quant à la relève, du moment que cela ne touche pas ses enfants.

En effet, contrairement aux autres parents qui rêvent que leurs enfants fassent le même métier qu’eux, Chef Elise ne voudrait pas que les siens s’investissent dans la cuisine.

« Etre chef cuisinier demande beaucoup de sacrifices. Et je ne veux pas que mes enfants en fassent de même », avoue-t-elle.

Maintenant qu’elle va bientôt partir à la retraite, Chef Elise aura tout le temps libre de veiller à ce que ce ne soit pas le cas.

« Mais si leur désir est vraiment de devenir chef, je ne pourrai que les soutenir », conclut-elle. Protectrice et compréhensive, telles sont les autres facettes du caractère de Chef Elise du Carlton.

Judicaëlle Saraléa

Vendredi 08 avril 2011

http://www.lexpressmada.com/portrait-madagascar/22452-du-gout-et-du-talent-avec-chef-elise-andriatsalama.html

http://www.dilanntours-madagascar.com/

Chef Elise Andriatsalama est aux fourneaux de l’hôtel Carlton depuis 35 ans
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